La Fête de Saint Nicolas ou Vogue de Brou

Pendant plus d’un siècle, la Saint Nicolas, ou Vogue de Brou, a été la fête la plus populaire de la ville de Bourg-en-Bresse. D’abord religieuse, elle a lentement développé un aspect profane et festif. À cette occasion, les Petits pains de Saint-Nicolas, qui ont suivi la même évolution, étaient appréciés.

Philibert le Beau décède le 10 septembre 1504. Après, pour des raisons personnelles et religieuses [1], Marguerite d’Autriche choisit de confier son monastère à des moines augustiniens de Lombardie et de placer son église sous la protection de Saint Nicolas de Tolentin, canonisé quelques années plus tôt, en 1445. Cette canonisation fixe l’iconographie, les prodiges et les miracles du saint, notamment les petits pains de Saint Nicolas.

Une procession, un jour chômé

La construction de l’église de Brou, au début du XVIe siècle, se situe à une période où l’Europe est régulièrement frappée par des épidémies de peste depuis 1347-1348. Agrandie à la même période, Notre-Dame de Bourg est devenue l’église paroissiale de la ville où de multiples implorations et processions sont adressées aux saints guérisseurs pour tenter de juguler la peste. Comme Saint Nicolas de Tolentin préserve de la peste, la ville souhaite obtenir son intercession. Le 27 avril 1620, elle envisage, « pour appaiser l’ire de Dieu et la divertir de nous (...), en ensuivant et imitant nos anciens pères, (...) de faire porter une procession dès la dite église Nostre-Dame jusqu’à celle de Brou vendredy prochain premier jour de may, feste Saint-Jacques et Saint-Philippe apostres, pour faire prier Dieu à ces fins [2]. De telles processions ont-elles été organisées [3] avant cette date ?.

Une représentation de l’église de Brou sous l’Ancien Régime. Collection particulière.

À l’automne 1628, l’épidémie est à Lyon et il faut s’en préserver. Dans un premier temps, les édiles de Bourg pensent qu’il est nécessaire de nourrir les pauvres pour leur éviter de parcourir la campagne et d’infecter la ville et les villages voisins. Le 16 janvier 1629, l’assemblée des syndics décide « qu’avant toutes choses, on doit avoir recours à Dieu par l’intercession de Saint Nicolas de Tolentin et faire vœu en l’église de Brou à ce qu’il plaise à la divine majesté de retirer sa main et son ire. (...) Tous les pauvres qui se trouvent en ville seront nourris. (...) Faudra se pourvoir de médecins, apothicaires et de chirurgiens ». Une procession a lieu le dimanche 28 janvier 1629 et un vœu est prononcé « dans l’esglise Nostre-Dame de Brou, devant l’autel de sainct Nicolas de Tolentin, à la grande messe célébrée par le vénérable messire Claude Duplomb, docteur en saincte théologie, prévost et chanoine en l’église Nostre-Dame de Bourg, assistants tout le clergé et le peuple du dict Bourg ». Il est demandé à Dieu de délivrer la ville et de la préserver à l’avenir « de tout mal pestilentiel et contagieux par les prières et intercession du glorieux Saint Nicolas de Tolentin ». La ville s’engage à « chomer et solenniser tous les ans, à perpétuité, le jour et feste du dict glorieux Saint Nicolas de Tolentin qui tombe le dixiesme septembre, et de venir annuellement ce mesme jour-là, en procession générale ». La ville s’engage, par ailleurs, à offrir « deux flambeaux ou deux torches de cyre pure [4] ».

Tableau votif offert par la ville de Bourg à Brou en 1629, exposé sous le jubé de l’église. Document du Monastère Royal de Brou.

Il est à noter qu’un chanoine de Notre-Dame célèbre la messe à Brou et que le 10 septembre est désormais un jour non-travaillé pour que tous les habitants participent à cette journée solennelle. D’autres cérémonies religieuses sont célébrées et, dans les comptes de la ville, apparaît une « quittance de 20 livres 16 sols, pour neuvaine faite à saint Nicolas de Brou, par les Augustins, pour obtenir cessation de la peste » et une « quittance du prieur de Brou pour 40 messes célébrées à l’autel de Saint Nicolas de Tolentin pour obtenir cessation de la peste. »

De l’église à la rue

Après janvier 1629, les archives sont muettes jusqu’en 1670 où une intervention de l’intendant Bouchu est demandée pour que tous les chanoines de Notre-Dame participent à la procession solennelle annuelle [5]. Peu après, la ville est menacée par un nouvel épisode de peste. Le 12 mars 1675, les syndics jugent encore que « Dieu est irrité contre tous les citoyens de la ville, de ses faubourgs et de toute la paroisse, en l’affligeant si sensiblement de toutes ces maladies populaires par lesquelles toutes sortes de personnes, atteintes d’icelles, meurent sans espoir de pouvoir être soulagées par les remèdes de la médecine [6]. »

Ensuite, les comptes de la ville, du XVIIIe siècle, conservent une « note du repas du Conseil le jour de Saint Nicolas » (1707-1709) qui devient « habituel » (1726-1727) puis des « frais des réjouissances et du repas le jour de Saint-Nicolas » (1729-1730, 1733-1734) et aussi des « frais des dîners de corps de Ville pour les fêtes de Saint Nicolas et de Saint Michel » (1737-1738) [7]. Que déduire de ces informations et des initiatives prises après 1675, date de la dernière peste, ou d’état de pestilence, à Bourg-en-Bresse ? Qu’aux célébrations religieuses s’ajoutent des initiatives populaires ? Durant une journée sans travail, que faire après les offices religieux, sinon se réunir en famille, entre voisins et se distraire ?

Saint Nicolas de Tolentin représenté sur la face droite du jubé de l’église de Brou. A ses pieds figurent le globe et le dragon, il tient le livre dans sa main gauche mais le crucifix, tenu dans sa main droite, a été mutilé.

Arrive la Révolution ! Le 2 novembre 1789, il est décidé que les biens religieux seront mis à la disposition de la nation. Un an plus tard, le député Thomas Riboud demande l’application d’une disposition légale pour que Brou ne soit pas vendu comme bien national. Les moines sont néanmoins expulsés. Les bâtiments sont préservés et remis à la ville le 13 mars 1791. Ils servent à divers usages : prison, caserne, asile, entrepôt... Un décret impérial de 1808 cède l’église et le couvent à la ville.

Le renouveau religieux

La Révolution a institué ses propres fêtes, l’Empire, les siennes. La presse locale évoque la Saint Nicolas profane à partir de septembre 1812 et, désormais, des bals populaires sont régulièrement proposés. « Le sieur Bonnange, artiste, aura l’honneur de donner, aujourd’hui dimanche 13 septembre, jour de la fête de Saint-Nicolas, et demain lundi 14, deux grands bals au Tivoli. Ils commenceront à six heures. Le prix de l’entrée est de 25 centimes (5 sous) par personne, et les cavaliers payeront 10 centimes (2 sous) par contre-danse et par walts. Le sieur Bonnange a fait tous ses efforts pour que l’illumination, la musique et les rafraîchissements ne laissent rien à désirer [8] ». Ces bals sont renouvelés huit jours plus tard et ce rythme se perpétue les années suivantes.

Après le rétablissement du diocèse de Belley, le séminaire s’installe dans les bâtiments de Brou le 11 novembre 1823. L’année suivante, la Saint Nicolas retrouve-t-elle son caractère religieux ? « Les habitans de la ville de Bourg, verront, sans doute avec plaisir, renaître les solennités qui avaient lieu à Brou pour la célébration de la fête de Saint Nicolas de Tolentin (...). Vendredi, 10 de ce mois, cette fête sera célébrée avec toute la pompe que comporte la restauration de l’église de Brou, due au zèle infatigable de notre vénérable prélat. À 10 heures, il y aura grand-messe et, à 3 heures , vêpres, sermon et bénédiction. Les mêmes solennités auront lieu le dimanche suivant. » (Journal de l’Ain du 4 septembre 1824.)

Le crayon de Gustave Doré

Alors que son père est ingénieur en chef des Ponts-et-Chaussées de l’Ain, le jeune Gustave Doré (12 ans), croque la Vogue de Brou en 1844. Il caricature les Bressans dansant mais ce dessin est à rapprocher d’un article écrit dix ans plus tôt. « À l’approche de la Saint Nicolas, cette antique solennité, la ville s’apprête à la joie. Ne dirait-on pas que chaque année elle embellit et agrandit son faubourg de prédilection pour faire bon accueil aux voisins des champs et des monts. Dès que la cloche de Notre-Dame de Brou jette au loin, dans les airs, le joyeux signal, voyez sur toutes les routes déborder les longs flots d’une population bruyante. (…) De son côté, la ville fait ses préparatifs. Les ouvriers approprient leurs ateliers, la maîtresse de maison songe à son dîner et la jeune fille à sa toilette. Après le repas de famille, seulement, on se dirigera vers l’heureux faubourg. (…) Voici l’heure des chants et des danses. (...) Toutes les nuances politiques, la vieille et la jeune France, se coudoient, s’embrassent, se donnent la main. » (Journal de l’Ain du 15 septembre 1834)

Depuis le début des années 1830, la fête se déroule sur trois jours : le dimanche et le lundi qui suivent le 10 septembre et le dimanche suivant. « La fête de Saint Nicolas amène chaque année à Bourg une foule considérable. (...) Les paisibles habitans de notre chère Bresse s’empressent d’arriver de toutes les campagnes environnantes [9] ». La fête se déroule avec « un nombre considérable de manèges, de chevaux de bois, de curiosités de toutes sortes, mais pas une seule de ces danses champêtres et vraiment bressanes qu’a illustrées jadis le crayon de G. Doré. La vogue de Brou perd chaque année un peu de sa physionomie particulière : son originalité disparaît » et les costumes bressans sont délaissés. (Journal de l’Ain du 13 septembre 1865)

La Vogue de Brou dessinée par Gustave Doré en 1844. Monastère Royal de Brou. Inv. 963-.75. Photo Basset.

La fête religieuse semble être dissociée de la vogue : « Hier dimanche, il était venu à Bourg beaucoup d’étrangers par le chemin de la Dombes. On croyait à la fête populaire, mais c’était seulement la fête religieuse qui se célèbre huit jours auparavant. Hier donc, suivant l’antique usage, la grand-messe et les vêpres, au lieu d’être célébrées à l’église paroissiale, se sont dites à Brou, et la foule s’y est portée par un temps très-beau. La distribution traditionnelle des petits pains de St-Nicolas a ensuite été faite aux fidèles qui se sont présentés. C’est dimanche prochain qu’a lieu la fête populaire dite vogue de Brou. Ce jour-là, le chemin de fer ne manquera pas d’amener bon nombre d’étrangers toujours avides de cette kermesse bressane ». (Journal de l’Ain du 10 septembre 1866)

De la rue des Tanneries à l’église de Brou

La ville de Bourg a d’abord été desservie par la ligne ferroviaire de Lyon par Ambérieu en mai 1856 puis par celle de Lyon-Croix-Rousse par Villars-les-Dombes en 1866. La compagnie exploitant celle-ci offre des trains de plaisir à l’occasion de la Saint Nicolas. Selon les chroniqueurs, de mille à douze cents personnes utilisent ces billets à prix réduits. L’établissement de l’étoile ferroviaire se poursuivant, « nous avons rarement vu arriver à Bourg autant d’étrangers que ceux qui y ont été amenés dimanche matin par les trains de La Cluse, Lyon et Chalon. La gare, à l’arrivée et au départ, était littéralement bondée de voyageurs parmi lesquels les blouses dominaient. Aussi notre fête de la Saint-Nicolas a-t-elle été rarement aussi animée que cette année. Les boutiques de toutes sortes et de toutes catégories abondaient ». (Courrier de l’Ain du 17 septembre 1878)

D’abord limitée aux abords de l’Hôtel-Dieu, par son succès populaire toujours renouvelé, la fête étend peu à peu son emprise de la rue des Tanneries à l’église de Brou, sur plus de sept cents mètres. Elle est désormais considérée comme « la fête patronale, la seule, l’unique, celle que tous les habitants de Bourg célèbrent à l’envi (...). La joie plane sur la ville et la foule se presse, compacte et joyeuse, avec bourgeois, ouvriers et paysans mêlés. » vers les baraques de montreurs de curiosités (lanterne magique, femme géante, ménagerie, musée anatomique, etc), vers les chevaux de bois, carrousels, orgues de Barbarie, spectacle de Guignol, saltimbanques, lutteurs, stands de tir ou encore vers les loteries « étincelantes de porcelaines et verroteries  » (Courrier de l’Ain du 13 septembre 1896). Les bals sont toujours aussi prisés et des quartiers de la ville en proposent parfois, toujours sous l’égide de cette Saint-Nicolas ». « La foi s’en va ; les petits pains sont en baisse  » mais les familles se rassemblent autour d’un repas de fête, avec « vieilles bouteilles et galettes savoureuses  » (1903). Le Cinématographe Pluviaux (en plein air ?) est présent à partir de 1906.

Une vue rare de la Vogue de Brou au début du XXe siècle. Carte postale expédiée en 1905. Collection particulière.
Parmi les multiples curiosités proposées, le théâtre de Guignol. Imagerie populaire.

Victime, non des guerres, mais du modernisme

La fête revient après la Grande Guerre et le maire autorise l’ouverture des cafés de la ville jusqu’à deux heures du matin (1922). Les attractions s’échelonnent « de la maternité à l’église de Brou ». Des « montagnes russes » apparaissent en 1923, une course cycliste en 1926 (le lundi matin). Un« Comité des fêtes de Brou » est évoqué (1926). Le lundi est chômé pour les services de la ville et de nombreuses entreprises.

Angelo Beluze (X), ici au départ d’une course, a gagné le Grand Prix de Brou en septembre 1938. Collection particulière.

La fête reprend après la Seconde Guerre mondiale, à partir de 1946, avec les attractions, la course cycliste et, huit jours plus tard, le concours de boules. L’année suivante, elle est animée par des « autos-skoter » et le boulevard est « un véritable village poussé là comme par hasard ». En 1948, le jeudi, jour alors chômé par les scolaires, « à l’intérieur du Bal Mercier, mis gracieusement à la disposition des organisateurs » se déroule, à partir de 15 heures, la première « matinée enfantine, réservées aux moins de douze ans » avec chants et danses. Cette fête enfantine est désormais instituée.

Lorsque s’éloignent les restrictions de guerre, « les petits pains, si chers à la tradition, n’ont pas eu gain de cause dans les boulangeries. Mais la Saint Nicolas 1948 a vu grande floraison de tartes et de brioches. Ce fut même son meilleur aspect ». La fête devient plus bruyante, plus nocturne et les malades de l’Hôtel-Dieu doivent endurer « durant trois jours, le casse-tête des manèges forains »(1948). Avec l’émergence de l’automobile, la ville évolue mais, « malgré l’exiguïté des emplacements accordés, les forains arrivent, par miracle, à s’installer et à meubler le boulevard de Brou » (1951). La course cycliste est supprimée à partir de 1954. (Extraits de La République Nouvelle)

Il est évident que la Saint Nicolas ne peut plus être organisée sur son boulevard. Comme elle est la fête patronale, les organisateurs essaie de l’étendre à l’ensemble de la ville. En 1956, diverses animations sont organisées dans les quartiers [10] avec, pour chacun, un responsable. Les initiatives sont variées mais la "greffe" ne prend pas. À partir de 1957, elle se déplace au Champ de foire où se rassemblent forains, manèges et bal monté. Le jeudi, la matinée enfantine est maintenue avec un tour de manège offert aux orphelins de Seillon, de la Providence et de la Charité et un goûter sous le chapiteau du bal.

Au fil des années, la fête perd un peu de son âme, d’autant plus que les aspirations du public se modifient. Elle s’étiole au début des années 1980 et des forains la relancent à partir de 1988. Saint-Nicolas de Tolentin est bien cité mais la véritable Saint-Nicolas ne vit plus que dans les mémoires... D’autres fêtes de quartiers vont s’éteindre, sans connaître un rebond au Champ de foire.

La citation qui suit peut être l’épilogue de cette chronique : « Si j’ai parlé de notre fête patronale, c’est que je l’aime pour la saine joie qu’elle nous procure, c’est que je suis heureux du mouvement qu’elle imprime à la cité bressane ». J. R. (Courrier de l’Ain du 13 septembre 1896)

Un manège dans un village bressan, vers 1957-1958. Collection particulière.

EN COMPLÉMENT

Les Petits pains de Saint-Nicolas

La tradition des petits pains de Saint-Nicolas appartient à la religion et au passé. Selon les abbés érudits locaux, elle vient d’un épisode de la vie du saint, illustré sur le tableau votif, dans un médaillon à gauche, le quatrième en partant du haut, intitulé
NOTRE DAME.LVY [LUI].ORDONNE
LA BÉNÉDICTION.DV [DU].PAIN
.
Nicolas de Tolentin, en habit de religieux, est étendu sur un grabat. Ses yeux contemplent Marie qui lui apparaît au milieu d’une nuée. La Vierge, vêtue d’une robe rouge et d’un manteau bleu, tend la main droite et lui ordonne d’aller chercher un peu du pain qu’une voisine a fait cuire, dans le tremper dans de l’eau et d’en manger.
Toujours selon la religion catholique, le malade exécute l’ordre et se trouve complètement guéri. Des malades, informés de cette grâce, demandent de ce pain et sont pareillement guéris. Les demandes se multiplient et Nicolas bénit plusieurs pains qui ont la même vertu. Après sa mort, le prieur du couvent de Tolentino perpétue la bénédiction des pains au nom du futur saint.

L’extrait du tableau votif évoquant l’origine des petits pains. Monastère Royal de Brou.

L’abbé Perretant, Supérieur du séminaire de Brou de 1883 à 1906, écrit que la peste s’est éteinte à Cordoue en 1602, après que Saint-Nicolas de Tolentin ait été porté en procession jusqu’au quartier des pestiférés auxquels on distribua des petits pains bénits.

Bocal refermant des petits pains miraculeux de Saint-Nicolas de Tolentin, provenant de l’église Notre-Dame à Bourg. Musée d’histoire de la médecine et de la pharmacie, Rockefeller, Lyon.

Ce bocal conservé à Lyon montre des petits pains qui correspondent à une évocation, relevée dans le Courrier de l’Ain de juillet 1966 : « les petits pains, de forme ronde, d’un diamètre d’environ trois centimètres sur deux centimètres d’épaisseur, étaient fabriqués avec de la farine de pur froment, pétrie en pâte ferme, sans sel ni levain. Une forte cuisson leur donnait une siccité parfaite qui permettait de les conserver d’une année à l’autre. Pour les manger, on les trempait dans l’eau ».
La fonction religieuse de ces petits pains, comparable à celle des Rameaux, s’est maintenue jusqu’à l’entre-deux-guerres. Les petits pains se sont ensuite vendus dans les boulangeries ou pâtisseries, à l’occasion de la Saint-Nicolas mais d’après une recette moins austère. Ils appartenaient à une tradition locale, familiale et festive, et même les athées les achetaient. Après-guerre, comme la presse locale l’indique, ils ont été peu à peu remplacés par des brioches ou des tartes.

Chronique rédigée par Rémi Riche avec l’aide d’Anne Autissier (Musée de Brou), du Musée d’histoire de la médecine et de la pharmacie à Lyon, la participation de Gyliane Millet et les témoignages de François Chaume et de Marie-Claude Vandembeusche, qui se souvient avoir vu, chez sa tante, des pains, tels que ceux conservés à Lyon. Septembre 2020.

[1"Philibert le Beau est mort le jour de la fête de Saint Nicolas de Tolentin et ce saint est un intercesseur réputé auprès des mourants, des pestiférés et des âmes du purgatoire". Magali Briat-Philippe, conservatrice du Musée de Brou.

[2Mémoires historiques de la Ville de Bourg. Extraits des registres municipaux. Tome quatrième, de 1605 à 1650 par Joseph Brossard. 1887.

[3Hippolyte Perretant l’écrit dans son ouvrage Saint-Nicolas de Tolentin de 1899.

[4Ibid pour les quatre extraits.

[5Archives municipales de Bourg-en-Bresse. GG 183 pour cet extrait ; GG 247 et CC 90 pour les précédents.

[6Mémoires historiques de la Ville de Bourg. Extraits des registres municipaux. Tome cinquième, de 1650 à 1715 par Joseph Brossard. 1888.

[7Archives municipales de Bourg-en-Bresse. CC 129, 141, 144, 148 et 152.

[8Journal de l’Ain du 13 septembre 1812. N.B. : un tivoli est une tente et walts, une valse.

[9Journal de l’Ain du 11 septembre 1848.

[10Avenue de Mâcon, avenue Maginot, Cours de Verdun, route de Pont-d’Ain, rue Charles Robin, les Vennes.

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