Les concours de volailles n’auront pas lieu...

La volaille de Bresse n’aura pas ses Glorieuses en décembre 2020. En souffrira-t-elle, elle qui a toujours bénéficié d’une excellente réputation qu’elle doit beaucoup au comte Léopold Le Hon ? Sous le Second Empire, ce député local obtient déjà un succès avec le premier concours de volailles de Bourg-en-Bresse qui rassemble une centaine d’exposants présentant 591 pièces le 23 décembre 1862.
Léopold Le Hon vise plus haut et son "coup de maître" est le concours de volailles autonome des 20 et 21 décembre1864 au Palais de l’industrie de Paris, où il maîtrise totalement l’organisation et le jury, grâce à ses relations avec le pouvoir impérial. Toutes les régions de France sont invitées mais Léopold Le Hon mobilise fortement les éleveurs bressans qui apportent, à eux seuls, 151 des 506 lots (29,8 %) et 626 des 2 087 pièces (30 %), en représentant l’un des vingt-deux départements. En outre, ils ont acquis de l’expérience au cours des deux concours burgiens et la présentation soignée de leurs volailles séduit le public parisien. Un autre concours est organisé le 24 janvier 1865 à Bourg-en-Bresse et les servantes de ferme sont mises à l’honneur pour leur contribution à l’élevage de la volaille.

Ensuite, Léopold Le Hon s’intéresse a d’autres projets comme les chemins de fer. Avant la réalisation complète des lignes de Bourg à La Cluse, Ambérieu à Villebois et Bourg à Chalon-sur-Saône, le Second Empire aura sombré à Sedan.

Les concours de volailles de Bresse sont relancés à Louhans dès 1874 mais la tentative du retour politique de Léopold Le Hon entrave l’activité du comice agricole et Bourg-en-Bresse ne revoit un concours de volailles qu’en 1879, avec seulement 36 exposants et 134 volailles. Ce second départ ouvre de nouvelles perspectives et, peu à peu, d’autres volailles sont ajoutées aux poulets. Au début du XXe siècle, des concours fleurissent à Mézériat, Montrevel et même Mâcon durant les années de 1907 à 1913.

La Première Guerre mondiale n’interrompt pas le concours de Bourg-en-Bresse. Durant la Seconde, les difficultés du ravitaillement mettent en danger la pureté de la volaille de Bresse. Il faut d’abord en reconstituer le cheptel, à partir des 108 élevages qui ont préservé cette pureté. Les concours sont relancés dès 1945. À Bourg-en-Bresse et Pont-de-Vaux, s’ajouteront ensuite Saint-Trivier-de-Courtes, puis Montrevel (1959), juste avant la cessation de Saint-Trivier-de-Courtes.

Aujourd’hui, à propos des origines, on évoque la race gauloise blanche mais ce concept, de création récente, n’a aucun fondement historique car la volaille de Bresse avait quatre variétés. D’ailleurs, comme le Roman national a fait de la Gaule l’ancêtre de la France, toutes les volailles de France peuvent revendiquer une origine gauloise.

En complément, retrouvez notre archive Les premiers concours de volailles de Bresse.

LES PRÉCÉDENTES ACTUALITÉS

En hommage au général de Gaulle

Au cours de l’année 2020, parmi les diverses commémorations en hommage au général de Gaulle, les Chroniques de Bresse ont publié un ouvrage, "Des jours sombres à l’espoir - Ain 1939-1945".
Ce livre apporte un éclairage renouvelé sur cette période particulière, notamment l’émergence de la Résistance au Lycée Lalande de Bourg-en-Bresse où la mémoire avait oublié les pionniers. Bien d’autres informations sont données à propos de la Drôle de guerre, le Régime de Vichy, le Service du travail obligatoire, les Maquis, la Libération, l’Épuration et la transition de l’insurrection vers la légalité républicaine...
L’ouvrage a été conçu après l’étude des dossiers conservés aux Archives départementales de l’Ain. Il comporte 144 pages et 180 illustrations et il est vendu 18,50 euros. La qualité de la mise en pages, la richesse des illustrations ont déjà séduit de nombreux lecteurs. Il est actuellement disponible dans les librairies ou centres culturels de Bourg-en-Bresse et de la région.

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