Les petits pains de Saint-Nicolas

La tradition des petits pains de Saint-Nicolas appartient à la religion et au passé. Selon les abbés érudits locaux, elle vient d’un épisode de la vie du saint, illustré sur le tableau votif, dans un médaillon à gauche, le quatrième en partant du haut, intitulé
NOTRE DAME.LVY.ORDONNE
LA BÉNÉDICTION.DV.PAIN
.
Nicolas de Tolentin, en habit de religieux, est étendu sur un grabat. Ses yeux contemplent Marie qui lui apparaît au milieu d’une nuée. La Vierge, vêtue d’une robe rouge et d’un manteau bleu, tend la main droite et lui ordonne d’aller chercher un peu du pain qu’une voisine a fait cuire, dans le tremper dans de l’eau et d’en manger.
Toujours selon la religion catholique, le malade exécute l’ordre et se trouve complètement guéri. Des malades, informés de cette grâce, demandent de ce pain et sont pareillement guéris. Les demandes se multiplient et Nicolas bénit plusieurs pains qui ont la même vertu. Après sa mort, le prieur du couvent de Tolentino perpétue la bénédiction des pains au nom du futur saint.

L’extrait du tableau votif évoquant l’origine des petits pains. Monastère Royal de Brou.

L’abbé Perretant, Supérieur du séminaire de Brou de 1883 à 1906, écrit que la peste s’est éteinte à Cordoue en 1602, après que Saint-Nicolas de Tolentin ait été porté en procession jusqu’au quartier des pestiférés auxquels on distribua des petits pains bénits.

Sources :
Panégyrique prononcé dans l’église de Brou le 14 septembre 1902 par l’Abbé Louis Alloing.
Saint-Nicolas de Tolentin - Sa vie, ses miracles, son culte par Hippolyte Perretant. Librairie Delhomme et Briguet. 1899.

Le tableau votif avec, au centre, la représentation du saint, à gauche, la représentation de cinq prodiges, et à droite, cinq miracles. Monastère Royal de Brou.
Bocal refermant des petits pains miraculeux de Saint-Nicolas de Tolentin, provenant de l’église Notre-Dame à Bourg. Musée d’histoire de la médecine et de la pharmacie, Rockefeller, Lyon.

Ce bocal conservé à Lyon montre des petits pains qui correspondent à une évocation, relevée dans le Courrier de l’Ain de juillet 1966 : “les petits pains, de forme ronde, d’un diamètre d’environ trois centimètres sur deux centimètres d’épaisseur, étaient fabriqués avec de la farine de pur froment, pétrie en pâte ferme, sans sel ni levain. Une forte cuisson leur donnait une siccité parfaite qui permettait de les conserver d’une année à l’autre. Pour les manger, on les trempait dans l’eau.”
La fonction religieuse de ces petits pains, comparable à celle des Rameaux, s’est maintenue jusqu’à l’entre-deux-guerre. Les petits pains se sont ensuite vendus dans les boulangeries ou pâtisseries, à l’occasion de la Saint-Nicolas mais d’après une recette moins austère. Ils appartenaient à une tradition locale, familiale et festive, et même les athées les achetaient. Après-guerre, comme la presse locale l’indique, ils ont été peu à peu remplacés par des brioches ou des tartes.

Chronique rédigée par Rémi Riche avec l’aide d’Anne Autissier (Musée de Brou), du Musée d’histoire de la médecine et de la pharmacie à Lyon, les témoignages de François Chaume et de Marie-Claude Vandembeusche, qui se souvient avoir vu, chez sa tante, des pains, tels que ceux conservés à Lyon. Septembre 2020.
L’association recueillera volontiers d’autres témoignages ou documents.

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